ÇA CRIE DANS LA TRIBUNE !

Le 21 mars 2021, dans une tribune publiée au « Monde », plus de 150 femmes journalistes et étudiantes se sont unies pour faire entendre la réalité dans le domaine sportif…

« Nous, femmes journalistes de sport, voulons prendre la parole. Parce qu’elle nous est confisquée. A la télévision et à la radio – le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) vient de le révéler –, le temps de parole des femmes « dans le domaine du sport » représente 13 % : sur une journée consacrée au sport, on écoute donc des hommes en parler pendant vingt et une heures…

L’ironie, c’est que la visibilité offerte à quelques journalistes et consultantes télé donne le sentiment de hordes de femmes déferlant dans les rédactions sportives. Sauf que, hormis le fait que les médias ne sauraient être résumés au petit écran, même dans ce secteur réputé féminisé, c’est faux.

« Les femmes à la télévision c’est 18% du temps d’antenne »

Il suffit de passer le nez dans une tribune de presse lors d’une compétition pour se rendre compte du ratio hommes-femmes : si la profession est à quasi-parité, dans le sport, nous sommes autour de 10 % des 3 000 journalistes. Et plus on monte dans la hiérarchie, plus on a de chances de trouver le dahu plutôt qu’une femme. Or, les chiffres prouvent que les hommes embauchent des hommes, qui parlent des hommes. Au passage, on connaît le déficit de représentation du sport au féminin : à la télévision, c’est 18 % du temps d’antenne.

Pour ne plus être discriminées, harcelées, invisibilisées, comme le raconte le documentaire de Marie Portolano Je ne suis pas une salope, diffusé ce dimanche 21 mars sur Canal+, et comme l’ont dénoncé certaines de nos consœurs il y a un an, il est temps pour nous, femmes journalistes de sport, de se compter, de s’unir et de peser.

Pas plus qu’un autre domaine, le sport n’appartient qu‘aux hommes. 

Nous voulons être aux premières loges pour raconter, pour commenter, pour analyser, pour diriger. Nous voulons que les femmes soient mieux représentées dans les médias sportifs, plus protégées, plus valorisées. Qu’elles soient plus nombreuses aussi, parce qu’être davantage dans les rédactions permettra, en partie, d’en finir avec le sexisme. 

Nous sommes un collectif de femmes journalistes de sport qui veulent occuper le terrain. Ça commence maintenant. »

En 2021, le traitement du sport par les hommes pour des hommes au sujet d’hommes n’est plus supportable. 

En 2021, l’infériorisation des femmes dans les rédactions sportives n’est plus supportable. 

Nous sommes déjà 100 à avoir signé cette tribune et nous appelons nos consoeurs à nous rejoindre.

Nous sommes un collectif de femmes journalistes de sport qui veulent occuper le terrain. Ça commence maintenant. »

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