UNE HISTOIRE DE FEMME

Autre fois souvent mises à l’écart dans le domaine sportif, aujourd’hui, de plus en plus de femmes prennent les commandes d’émissions, de journaux ou encore de magazines de sport. Un milieu depuis longtemps très masculin qui ne cesse d’attirer la gente féminine…

Les femmes se mettent au sport ! De plus en plus présentes sur nos antennes de télévision, de radio ou bien dans la presse écrite, le nombre de femmes journalistes de sport est en pleine expansion. À l’image de Marie Portolano (Canal +), Estelle Denis (Equipe 21), Anne-Laure Bonnet (BeIn Sports) ou encore Céline Géraud (RMC Sport), de nombreuses chaines de télévision décident de confier la présentation d’émissions sportives à des femmes.

Laurie Samama au micro de La Provence

Dans un milieu souvent considéré comme « masculin » il a été difficile pour certaines d’atteindre leur rêve. « J’ai du essuyer beaucoup de critiques, et j’en reçois des dizaines et des dizaines sur mes réseaux sociaux » confie Laurie Samama journaliste à la Provence. « Avant de travailler à la Provence j’étais présentatrice sur la chaines OM TV et la aussi cela à été dur, c’est toujours different de travailler pour un club que pour un média généraliste, ici, les téléspectateurs ne laissent rien passer et ne se gênent pas pour nous le faire savoir ». Des critiques venant de l’extérieur mais aussi de l’intérieur des rédactions « il m’est arrivé de venir en jupe au travail et toute la journée, j’ai senti que l’ambiance était beaucoup plus pesante que d’habitude » affirme Camille Maccali consultante sur la chaine l’Equipe 21.

Des femmes qui ne lachent rien

Ambre Godillon en direct sur Canal+ Sport

De la télévision à la presse écrite il n’y a qu’un pas, et les conditions de travail y sont bien semblables. « Avant d’arriver sur la chaine Sport + j’ai d’abord travaillé au sein d’une rédaction et je peux confirmer que l’ambiance était presque similaire » déclare Ambre Godillon, ancienne chroniqueuse football sur les chaines du groupe canal +. « Personnellement je n’ai jamais eu de problèmes liés au fait que je sois une femme, après, bien sur, je reçois des critiques sur mes réseaux sociaux car dans la tête de certains, Femme et Foot ne vont pas de pair » poursuit-elle.

UNE PRESSE QUI SE DEMARQUE

Aujourd’hui la presse sportive est tout de même bien restreinte, du Quotidien incontournable « l’Equipe » aux magazines So Foot, France Football ou encore Rugby magazine, il est difficile pour de nouveaux journaux de faire leurs trous. Mais, à l’image des journalistes sportives bien ambitieuses, Aurélie Bresson, ancienne handballeuse professionnelle, décide en avril 2016 de créer Les Sportives, premier magazine multisports consacré seulement aux femmes.  » J’ai rejoint la rédaction quelques mois après sa création et je ne regrette pas du tout, bien au contraire » dévoile Mejdaline Mhiri journaliste spécialiste de handball et de rugby. « Avant j’étais pigiste pour Ouest-France, cela m’a permis de bien apprendre mon métier mais je voulais viser un peu plus haut »

Logo du magazine les Sportives / Les Sportives.fr

Rappelons qu’en 2000, les rédactions, tous médias inclus, ne comprenaient que 5 % de reporters sportives. Elles sont désormais 15 % des effectifs à la télévision, grâce à leur travail et à leur talent.

ENCORE DE LA ROUTE À FAIRE…

Camera en « bord terrain » / Millenium

« Des progrès ont été faits, mais il reste encore des efforts à accomplir », affirme pourtant Christine Kelly. Cette dernière, à l’heure de quitter ses fonctions au CSA, dresse un bilan plutôt positif concernant la proportion de femmes dans le journalisme sportif, historiquement réduite à la portion congrue. « Quand j’ai commencé à m’intéresser au sujet il y a deux ans, la plupart des directeurs de rédaction que je rencontrais m’exhibaient fièrement leur journaliste sportive. Mais il n’y en avait toujours qu’une, dans le meilleur des cas, pour combien d’hommes ? Sous couvert d’anonymat, beaucoup de ces femmes me confient qu’on les prend encore pour des potiches qui ne connaissent rien au sport au sein de ces rédactions », note-t-elle encore, constatant cependant une nette amélioration ces dernières saisons.

« La qualité de leurs interventions comme le respect des autres journalistes s’améliorent », explique-t-elle, citant notamment Carine Galli sur RMC, ou la footballeuse Gaëtane Thiney sur Canal +. « Même si nous avons connu quelques problèmes avec des remarques machistes pendant les JO ou dans une émission de Laurent Ruquier moquant le football féminin, il y a un début de banalisation de la présence féminine, et c’est le plus sûr le chemin vers l’égalité. »

Marianne Mako : Premiere dame du foot
Marianne Mako / Télé Star

Première femme à avoir traité le football à la télévision, en collaborant avec l’émission de TF1, « Téléfoot », où elle tenait une chronique baptisée « Crampons aiguilles ». Marianne Mako a démarré sa carrière sur la Une en 1987 après plusieurs collaborations dans les services des sports de différents médias tels que « Sud Ouest », RMC, RTL, France Inter et « Libération ». En 1997, elle avait quitté TF1 après dix ans de présence au sein de l’émission phare de football. elle avait ainsi travaillé aux côtés de Jean-Michel LarquéChristian JeanpierreHervé Mathoux, Jean-Pierre Papin, Didier Roustan et également Thierry Roland. C’est d’ailleurs avec ce dernier que les relations se sont envenimées à la fin de son parcours sur TF1. Dans son livre « Tout à fait Thierry », le commentateur avait déclaré ne pas vouloir de femmes dans le football, la citant nommément, car « elles n’avaient pas de poil aux pattes« . Finalement, Marianne Mako a été licenciée au motif qu’elle ne commentait pas de matchs à la télévision. Dans une interview à « L’Equipe » en 1997, elle a confié qu’il s’agissait d’une décision de Jean-Claude Dassier, alors patron des sports de TF1. « (Il) a toujours eu l’honnêteté de me dire qu’à son avis, pour le grand public, une femme commentant un match de foot ne serait pas crédible« , a-t-elle expliqué. A la suite de son éviction, elle a écrit plusieurs livres sur l’univers du football, avant de quitter le monde des médias et se consacrer aux métiers de la communication. Marianne Mako est prématurément décédée à l’age de 54 ans le 1er octobre 2018.

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