Quoi de mieux que de demander l’avis d’un homme pour nous parler d’une femme ? Michel Dalloni, journaliste sportif et ancien directeur de la rédaction du journal l’Equipe, répond à mes questions …
Un journaliste de sport c’est quoi ?

Un journaliste de sport est un journaliste dont le domaine d’investigation est le sport. Il n’est ni supporteur, ni arbitre. Il n’est pas non plus un technicien. Il est un observateur privilégié qui décrypte les performances et les conditions d’accomplissement de ces dernières (techniques, médicales, sociales, économiques, politiques) grâce à ses connaissances et à ses réseaux d’informateurs et assure la synthèse de ce décryptage pour ses lecteurs, qui n’ont pas la chance, comme lui, d’avoir accès à des sources autorisées et exclusives. Son travail commence quand les stades se vident.
Qu’est-ce qui vous attire principalement dans ce métier ?
Découvrir la face cachée des choses, aller plus loin que la vérité visible, chercher à comprendre et partager le résultat de cette quête avec le plus grand nombre en construisant un récit intelligent et émouvant.
Aujourd’hui, il y a de plus en plus de femmes à la tête d’émissions sportives ou simplement chroniqueuses. Que pensez-vous de ce phénomène ?
Plus de la moitié de l’humanité est du sexe féminin. Il serait temps que cela se voit à l’écran, dans les journaux, à la tête des entreprises et au sein des institutions politiques. C’est une très bonne chose. Elle n’a pas à être expliquée. En revanche, ce que je n’explique pas (ou que je m’explique trop bien), c’est pourquoi cela ne s’est pas produit plus tôt !
Quels rapports entretenez-vous avec vos collègues femmes ?
Quand je discute avec des journalistes ou lorsque je dirigeais des rédactions, je ne faisais pas de différence entre les journalistes. Je travaillais avec des journalistes, peu importait qu’ils soient des hommes ou qu’elles soient des femmes, qu’ils soient grands ou petits, noirs ou blancs, croyants ou laïcs. Les journalistes sont un peu comme les musiciens, il y a deux catégories: les bons et les mauvais. Mieux vaut travailler avec les bons. Au quotidien, leur genre (homme, femme) n’a pas d’importance.